RDC : ces agriculteurs utilisent de l'urine comme engrais

L'agriculture reste l'une des principales activités à Sasha (village de la République démocratique du Congo), mais dans de nombreux champs, la terre devient de moins en moins fertile.

Cette situation a entraîné une baisse de la production locale, qui ne parvient plus à couvrir les besoins alimentaires locaux, alors que par le passé, le village approvisionnait les grandes villes comme Goma en produits de première nécessité.

Pour pallier ce problème, de nombreux propriétaires de champs achètent de l'urine humaine à des voisins ou à d'autres habitants du village, qu'ils utilisent ensuite comme engrais dans les champs.

"Nous commençons par placer de plates-bandes dans nos champs. Nous pulvérisons ensuite de l?urine qui, après avoir été conservée pendant un mois, a la capacité de tuer n'importe quel insecte qui pourrait attaquer la plante. Nous mettons ensuite les semences dans la terre et nous procédons à une seconde pulvérisation. C'est une méthode qui marche très bien. Grâce à elle, nos champs la production dans nos champs est repartie à la hausse", explique l'agriculteur Paul Kanyama, l'un des initiateurs de cette solution.

Avant, lors de la récolte, mon champ produisait deux sacs et demi de haricots. Lors de la dernière récolte, je n'en ai même eu qu?un seul. Alors je me suis décidée à appliquer cette alternative d'engrais à base d?urine humaine et ça va déjà mieux", assure Souzana, une agricultrice de Shasha.

Cette pratique est un avantage pour les 2 parties: les agriculteurs profitant des bienfaits de l'urine comme engrais, tandis que les jeunes peuvent se faire un peu d'argent en vendant les urines ( 20 litres à 12.000 francs congolais).